Vers une histoire cyborg des relations internationales ?
Invitation : Échange avec Caroline Muller et Frédéric Clavert le mardi 24 mars 2026 à 15h, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, site Panthéon (12, place du Panthéon), salle 6.
Lien zoom : https://pantheonsorbonne.zoom.us/j/94623357516?pwd=yEtTopxrCY3DPtVoqmRt…
ID de réunion: 946 2335 7516
Code secret: 083844
Depuis quelques décennies, un processus de dématérialisation des cœurs de métier du ministère des Affaires étrangères (production de télégrammes, correspondances diplomatiques, état-civil etc.) a été engagé. Depuis les années 2010, elle est devenue complète pour certains. Dans ce ministère régalien comme dans d’autres, la collecte numérique devient de plus en plus importante. Des choix sont faits en matière de collecte, de traitement et d’accès aux archives numériques tandis qu’une instruction du 14 janvier 2005 sur les modalités de délivrance du visa d'élimination des documents papier transférés sur support numérique ou micrographique établit les principes directeurs permettant d’autoriser cette destruction. Les autres administrations nationales et intergouvernementales, les organisations privées sont confrontées aux mêmes processus de numérisation des archives sur support papier, de collecte des archives numériques natives, de traitement des données, de mise en place d’outils pour permettre aux historiens d’y avoir accès.
Cela autorise à écrire que l’on ne fera pas l’histoire des événements internationaux en cours – la guerre d’Ukraine, la guerre de Gaza, l’attaque de l’Iran – comme on peut commencer à écrire l’histoire des guerres de Yougoslavie des années 1990 par exemple.
Pour réfléchir aux enjeux généraux liés à la numérisation et à l'essor de l'intelligence artificielle, ainsi qu'à leur application particulière à l’étude des mondes contemporains et des relations internationales, deux spécialistes de l’écriture de l’histoire à l’ère numérique, Caroline Muller et Frédéric Clavert, viendront dialoguer avec nous et répondre aux questions des étudiants, doctorants et chercheurs intéressés.
Ils développeront deux cas d'étude : la numérisation des archives de la Société des Nations d'une part, l'utilisation des archives du web pour l'histoire des relations internationales d'autre part.
Depuis 2017, Caroline Muller et Frédéric Clavert ont engagé des recherches sur les transformations du métier d’historien à l'ère numérique. S'interrogeant initialement sur ce qu'aurait pu être le livre d'Arlette Farge, le Goût de l'archive, s'il avait été écrit à la fin des années 2010, ils ont progressivement élargi leur enquête aux pratiques et usages des historiens et des historiennes en général. Ils en ont tiré un ouvrage collectif en ligne, Le goût de l'archive à l'ère numérique (https://gout-numerique.net - certains chapitres ont été publiés dans un numéro collectif de la Gazette des archives), puis un livre Écrire l’histoire. Gestes et expériences à l’ère du numérique (Armand Colin, 2025).
Récemment, ils ont publié ensemble : « L’histoire au temps des algorithmes. Une réflexion prospective sur l’introduction de l’intelligence artificielle en histoire au XXIe siècle », 20 et 21. Revue d’histoire, n°162, « Faire l’histoire du 21e siècle », https://shs.cairn.info/revue-vingt-et-vingt-et-un-revue-d-histoire-2024…
Ils développeront deux cas d'étude : la numérisation des archives de la Société des Nations d'une part, l'utilisation des archives du web pour l'histoire des relations internationales d'autre part.